J’étais partie très motivée en début d’après-midi pour aller me cultiver un peu à la National Gallery. Vu le temps pluvieux, gris et presque froid il n’y avait de toute façon pas grand-chose d’autre à faire qu’une visite de musée. Mais en arrivant devant, je me suis dit que je me ferais bien un petit passage par l’église de Saint Martin in the Fields pour récupérer le programme des concerts de septembre. Et je suis tombée sur une répétition générale, ouverte à tout public gratuitement. J’ai profité de cette aubaine pour écouter la belle acoustique de l’église. Saint Martin in the Fields Intérieur de Covent Garden Royal Opera House (et mon flash en VIP, grrr) Royal Opera House, encore Ça manque un peu de cabines téléphoniques dans le quartier n'est-ce pas ? La Tour Eiffel... euh non pardon c'est le Gros Ben Westminster Abbey

Quand je suis sortie il était trop tard pour aller au musée, j’ai alors écouté un autre concert (beaucoup plus pop !) sur Trafalgar Square. Puis je suis allée me balader vers Covent Garden pour faire un peu de lèche-vitrine et regarder les spectacles de rue (décidemment c’était la journée !). 



En rentrant j’ai profité du calme relatif pour faire enfin quelques photos de Big Ben et de Westminster sans les têtes de touristes devant. Puis je me suis amusée à trouver Scotland Yard, avec son célèbre panneau tournant devant l’entrée de l’immeuble. Je voulais faire des photos mais vu la tête du policier de garde je n’ai eu le temps que d’en faire une, loupée d’ailleurs. 

Je ne sais pas si c’est le mauvais temps et/ou l’effet septembre mais le centre était beaucoup plus calme. Les touristes sont en train de partir, l’été et les vacances sont finis !
Effectivement il pleuvait ce matin ! Le travail d’aujourd’hui se résume à un seul mot : rapport. Je n’ai même pas mis un pied dans le labo. Mais bon je ne vais pas vous saouler en disant que j’ai fini toute seule à 20h, que ça n’a d’ailleurs servi à rien d’être en avance puisque mon tuteur était déjà parti et n’aura le papier que lundi, que je suis encore restée un bon moment enfermée puisque ma carte magnétique ne marche toujours pas etc.
L’anecdote du jour est liée à un petit pot qui avait lieu au département, comme tous les premiers vendredis du mois. J’étais intriguée par la présence de nombreuses boulettes. Je demande à ma voisine (une pure londonienne, une fois n’est pas coutume) si elle sait ce que c’est.
«C’est écossais, me répond-elle
- Oui mais c’est quoi ?
- Oh des œufs enrobés de farine, le tout frit à la poêle.
- Ah bon, je ne connaissais pas.
- Tu n’as rien loupé. C’est écossais» répète-elle, avec tout le dédain possible dans la voix. Bigre, ce n’est pas la première fois que je sens cette rivalité entre les nationalités de Grande-Bretagne, mais c’était vraiment curieux de l’entendre, elle qui est d’habitude toute gentille et trouve des excuses à tout le monde. J’ai quand même essayé mais entre nous c’est vrai que je n’avais rien loupé. La recette doit être très simple : 1 œuf pour 4 boulettes mais 400g de farine et 400mL d’huile par boulette (j’exagère à peine !).
Il existe une variante avec du poulet, garanti d’origine britannique bien sûr, grippe aviaire oblige.
La journée d’hier et celle d’aujourd’hui a tourné essentiellement autour du départ d’une autre française du labo, qui était là depuis mon arrivée. Hier soir on a fait la traditionnelle soirée d’adieux pub/pizzeria. Ensuite je suis allée chez elle, on a échangé des photos pendant près de 3 heures, papoté de Londres, des gens etc. Elle m’a filé tout ce qu’elle ne voulait pas emporter, je me retrouve donc avec un oreiller et une couette supplémentaires, et puis j’ai des soupes, des pâtes et du cappuccino pour un mois au moins.
Ce matin je suis allée la réveiller (elle a passe la nuit à faire sa valise, elle a encore plus de bazar que moi). Ensuite on a déjeuné tous ensemble, on a encore fait quelques photos, gravé des CD, échangé les adresses e-mail, promis qu’on se reverrait et qu’on irait ensemble en Amérique du Sud dans 2 ans etc. Et puis il a fallu se séparer, entre deux larmes et trois mouchoirs. Pas facile. Si j’essuie déjà une larme pour une personne, qu’est-ce que cela va être quand je vais partir ! Mais comme elle l’a fait remarquer sagement : mieux vaut pleurer au moment de partir en quittant les gens et Londres que de pleurer tout le long de son séjour parce que la famille et la France nous manquent !
A cause de cela j’ai vraiment eu du mal à travailler mon rapport, je n’avais pas le cœur à l’ouvrage. Ce soir j’avais réservé le microscope « pour la nuit » (pas d’autre créneau horaire…). Oh miracle tous mes échantillons étaient bons du premier coup, c’est incroyable, je pense que ça va faire revenir la pluie sur Londres ! (ça faisait 2 jours qu’on ne l’avait pas vue !)
En ce moment je m’amuse souvent dans la rue, en me baladant le week-end ou en faisant les trajets entre chez moi et au travail. Je repère un groupe de français un peu paumés, le nez sur une carte. Je marche alors nonchalamment à côté, avec l’air de la fille du quartier, blasée de passer tous les jours devant chez Harrods ou les beaux musées. Ceci les amène en général directement à me poser une question du style « Ex-kiouze mi, ouere iz ze miouseum pliz ? ». Je prends alors mon plus bel accent british pour leur répondre (enfin, disons que j’évite d’employer des mots où je sais que j’ai un accent français prononcé qui pourrait me trahir). Si possible je parle assez rapidement, je mange un ou deux mots et j’essaye de caser un « isn’t » au milieu. Je m’éloigne ensuite de quelques mètres, juste le temps de les laisser s’échanger 2 mots en français. Puis je reviens style « ah mais vous êtes français ? Je peux vous refaire l’explication en français alors… ». Fou rire assuré (de ma part tout du moins).
Seule exception à la règle : je ne fais pas cette blague aux familles qui cherchent Harrods 10 minutes avant la fermeture. Je ne voudrais pas être la cause d’une dispute familiale parce qu’ils n’ont pas pu ramener le thé en souvenir pour la grand-mère ou la veste à carreaux pour le grand-père !
C’était mon dernier «group meeting» aujourd’hui. Le groupe meeting est, comme son nom l’indique, une réunion du groupe de recherche, qui consiste essentiellement à manger des gâteaux pendant que mon tuteur fixe des rendez-vous avec chacun. Cette fois-ci c’était moi qui avais fait des muffins.
Pas d’entretien prévu pour moi, juste une deadline lundi prochain pour lui rendre mon rapport. Ce qui est un peu idiot vu que j’ai des expériences à faire jusqu’au mardi. Donc ce rapport ne contiendra ni les résultats les plus importants ni la discussion générale. J’ai une autre série d’analyses à faire «dans la nuit» de jeudi à vendredi (pas moyen de réserver le microscope à une autre plage horaire !), ce qui veut dire qu’il y a 90% de chances que je passe une partie du week-end à bosser. That’s a pity comme on dit ici.
Je vais quand même essayer de me garder un jour pour aller visiter Cambridge ou des musées, j’ai l’embarras du choix !



