Heureusement il y a d’autres avantages pour compenser, notamment le fait qu’on vienne de tous les pays du monde, c’est tellement intéressant ! On peut papoter pendant des heures dessus, il y a tant à apprendre. Avec le langage, les frontières tombent, les distances diminuent et on se surprend à avoir envie de visiter cette branche de la famille perdue en Patagonie.
Quelle chaleur ! La météo de la BBC avait annoncé entre 37 et 39°C aujourd’hui et je pense qu’elle ne s’est pas trompée. Il parait que les rails du métro sont tellement dilatés que le métro est obligé de rouler au ralenti. Sachant qu’il y fait déjà très chaud en temps normal, que les wagons sont petits et bas de plafond (pas intérêt à être claustrophobe !), je n’ose même pas imaginer quelle fournaise ce doit être. Je suis bien contente de pouvoir faire mes trajets à pied. Dès ce matin, j’ai pris une bonne bouffée d’air chaud en ouvrant la fenêtre de ma chambre. Heureusement, j’ai la chance que notre salle de travail et la majorité des labos soient climatisés, même si ce n’est pas bon pour la gorge ou les yeux. Cet après-midi j’ai même eu la chance de passer tout mon temps à faire des observations au microscope électronique à balayage, qui requiert une température autour de 15 ou 20°C. Super agréable !
Par contre, cette canicule a été catastrophique pour mon travail. Près de la moitié des échantillons étaient conservés dans des tubes dans un labo non climatisé. Sous l’effet de la chaleur, de la condensation s’est formée sur la surface et l’eau a tout détruit… Je suis obligée de recommencer et je croise les doigts pour que les échantillons qui ont échappé à cette cata ne connaissent pas le même sort dans les prochains jours.
Heureusement, une des mes observations au MEB aujourd’hui était très positive ; ça y est, j’ai fait ma première « découverte » de chercheuse ! A vrai dire, j’ai même eu une petite séquence émotion en voyant cette jolie image, conforme à ce que j’attendais.
Et oui, je suis une chercheuse qui trouve, quelle gloire ;-) ![]()
La grosse contrariété de la journée en revanche a eu lieu ce soir. Après avoir constaté la disparition de nourriture, couverts et même un chiffon, c’est cette fois-ci ma casserole que quelqu’un a gentiment fait disparaître de la cuisine. Maigre consolation, mon torchon à vaisselle a réapparu miraculeusement. A vrai dire je n’avais pas l’intention de faire cuire quelque chose ce soir étant donné la chaleur, mais le geste est pénible. Ça reflète bien malheureusement le revers de la médaille qui existe dans cette résidence, car je ne suis vraiment pas la seule dans ce cas. Une plainte a même été déposée au commissariat par la direction des résidences, suite à un renforcement des vols depuis cet été (pas que des vols de casseroles, hein !). Je vais donc tristement aller acheter un cadenas pour mon placard dans les prochains jours. En attendant j’ai placardé un mot sur la porte, au cas où, mais je n’en attends pas grand-chose.
Enfin, au College depuis quelques jours c’est la grande parade. Normalement tous les diplômes des universités londoniennes sont regroupés sous le même nom « University of London ». C’est-à-dire que vous avez le même diplôme dans votre spécialité, que vous ayez fait vos études à Imperial College, King’s College, Queen Elizabeth etc… Mais comme Imperial College estime avoir un meilleur niveau que les autres, cela ne satisfait pas les dirigeants. Apres de nombreuses négociations, ils ont finalement obtenu gain de cause et sont donc séparés du réseau University of London. Donc tout le monde en a profité pour se pavaner et rappeler le palmarès : 3ème meilleure université du Royaume-Uni (derrière Oxford et Cambridge), entre 23ème et 27ème meilleur groupe de recherche universitaire au monde, entre 70ème et 80ème meilleure université mondiale etc. Je ne sais pas si cette séparation était justifiée mais en tout cas la nouvelle a mis les responsables et les thésards de bonne humeur !
Pour donner une idée du standing du quartier où j’habite, voici quelques anecdotes.
Tout d’abord, ma résidence est constituée de plusieurs maisons victoriennes, reliées entre elles. Seulement 2 maisons au bout de la rue sont occupées par des locataires ou proprio indépendants. Il y a quelques années, dans une de ces maisons habitait Gwyneth Paltrow…
Dans le même registre, il y a quelques jours, la conversation du déjeuner tournait autour de nos appartements respectifs. Une collègue racontait qu’elle venait de déménager. Un des premiers soirs, elle manquait de beurre/moutarde/farine/je-ne-sais-quoi. Elle a alors sonné chez son voisin et s’est retrouvée face à…Hugh Grant. Himself. Et oui les filles ! Je ne lui ai pas demandé combien elle payait de loyer pour habiter dans cet immeuble, en tout cas c’est certainement beaucoup !
Pour finir, je me suis amusée à regarder les voitures dans la rue, entre Imperial College et chez moi. Je n’ai vu que des Mercedes, BMW, Ferrari, Porsche, Mini Cooper et… des Polo Volkswagen. Explication : la Mercedes ou BMW appartient au père de famille (parfois il a « seulement » une grosse Audi) ; la mère et la fille ont des Mini Cooper ; le fils a une Porsche ; et les employés de maison ont les Polo… Pour les familles nombreuses, on trouve non pas des monospaces mais carrément la limousine. Ouaip. Tant qu’à faire, autant ne pas s’embêter !
Et moi au milieu, je ne me demande pas pourquoi j’ai parfois un peu de mal à trouver ma place !
Voilà, j’ai enfin fini de taper tout le texte des articles jusqu'à aujourd’hui et j’ai plus ou moins fini le « design ». Au passage mille mercis à Redohat pour la bannière.
Merci aussi à tous ceux dont j’ai squatté l’ordi !
Je n’ai pas encore fini de relire les articles pour corriger les fautes d’orthographe, alors soyez indulgents pendants quelques jours ;-) D’autant plus que j’écris sur un clavier qwerty, alors je dois systématiquement passer par les caractères spéciaux pour tous les accents… ce qui est particulièrement long, énervant et fatiguant !
A partir de maintenant je vais essayer de tenir le site à jour.
See you guys…
Aujourd’hui, réunion avec mon tuteur pour parler de mon travail. Je pensais qu’il voulait savoir les résultats de mes expériences (résultats que je n’ai pas encore suite à de multiples retards et imprévus indépendants de ma volonté…). Je m’apprêtais donc à lui présenter mes plus plates excuses et à lui expliquer le pourquoi de la chose.
En fait ce n’était pas ça du tout, il m’a posé plein de questions pour savoir si j’avais bien compris le but de mon sujet, les manip, les résultats qu’on espérait etc. Par moments c’était chaud, ça ressemblait plutôt à une interro à l’oral ! Je me suis donc lancée en détails dans l’explication du microscope électronique à balayage ou de la spectroscopie photo-électronique. Pas facile tout ça, je me suis un peu mélangée, il faudra que je revoie quelques points. Je me suis aussi fait collée sur une sacrée question : quelles cellules adhèrent aux prothèses osseuses ? Euh, je ne sais pas moi, les cellules osseuses des os voisins ? Apparemment ce n’est pas la bonne réponse, j’ai 15 jours pour chercher. Il est gentil mon tuteur, je n’ai pas fait de biologie depuis la terminale, moi.
Bref, pas trop moyen de savoir si il était globalement satisfait de moi ou pas. Ça me laisse moyennement contente, donc je vais bien bosser ma biblio les prochains jours.
Ensuite dans l’après-midi on a eu un séminaire sur la manipulation des nanomatériaux auquel je n’ai… rien compris. A part ce qui était marqué sur le Power Point. Pour ma défense, je vais dire que, d’une part cela ne concerne pas mon travail, d’autre part je venais de lire plusieurs dizaines de pages de publications donc j’avais la tête farcie. Et en plus tout le monde était au fond de l’amphi, ce qui ne facilite pas les choses. A vrai dire je suis uniquement allée à cette conférence pour faire « bonne impression » après ma prestation moyenne lors de la réunion avec mon tuteur.
Sinon je viens de voir que certains échantillons que j’avais préparés ont développé une curieuse mousse sur la surface, je ne pense pas que ce soit normal, il va encore falloir que je les refasse avant les observations au microscope mercredi. Ça va être tendu niveau timing.
La déception de la journée est qu’il n’y aura finalement pas de publication sur mon travail en septembre, car ma co-manip a déjà beaucoup d’autres articles en cours à écrire. Mais mon travail sera intégré à autre chose plus tard et on correspondra par mail pour voir les détails. Ce qui veut éventuellement dire que je devrais re-bosser mon sujet de stage pendant l’année universitaire. Hem, je sens que cette 5ème année va s’annoncer chargée, sans compter le double cursus ingénieur INSA- Master Recherche. Je l’aurai voulu, mais en même temps j’adore ce que je fais et c’est le plus important n’est-ce pas ?



